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19 mai 2011 / Amertume Coing-Pomme

premier rendez-vous : échec

Le premier rendez-vous avec la nouvelle s’est mal passé. Elle est ressortie effondrée, et deux jour après elle est au fond du trou, au point qu’elle a été voir un peu en catastrophe l’autre psychiatre ce matin.

Si j’ai bien compris, ce qui a déclenché le conflit, c’est la discussion en début de séance sur le tarif, et sur l’établissement ou non d’une feuille de soin, avec une explication qu’il faut que le patient s’implique et participe. Apparemment, il y a quatre formules possibles, avec ou sans dépassement, et avec ou sans établissement d’une feuille de soin. Et le montant du dépassement est variable. Je débarque dans l’univers des thérapies analytiques, mais je suis assez choqué également. Pour elle, qu’on évoque la possibilité que la thérapie puisse ne pas être prise en charge par l’assurance maladie, c’est une négation de son état de malade, c’est assimiler son état à un simple inconfort. La discussion l’a prise par surprise, et l’a laissée KO.

Au cours du rendez-vous de ce matin chez Dr Médocs, elle a discuté  et obtenu un protocole d’arrêt de l’AD. Les idées noires sont de retour. Je flippe.

13 mai 2011 / Amertume Coing-Pomme

Dépression au quotidien en panne ?

Le site Dépression au Quotidien a l’air en panne… Plein de spam dans les commentaires, pas de traitement manuel des billets soumis par les visiteurs depuis fin février. J’espère que tout va bien pour les gens qui maintiennent ce site…

13 mai 2011 / Amertume Coing-Pomme

angoisse nocturne

Nuit courte.

Elle a fait une grosse crise d’angoisse, sur le thème « je pense que je ne vais pas arriver à suivre une thérapie analytique, à parler de trucs comme ça ». S’est calmée avec un anxio.A dormi ce matin. Suis un peu cassé.

11 mai 2011 / Amertume Coing-Pomme

Nouveau (nouvelle) psy

Rendez-vous était pris, hier, donc, avec un nouveau docteur, une femme, « qui vient de Paris » (dixit l’ancien psy).

Début de relations un peu délicats si j’ai bien compris, un peu d’incompréhension mutuelle par endroits, des ajustements nécessaires parce que la nouvelle n’est pas l’ancien, avec lequel elle a pris des habitudes ces 8 dernières années…

Elle a la quarantaine (soit un bon 15 ans de moins que l’autre). Normalement, l’ancien psy reste dans la partie et devrait s’occuper du suivi médicamenteux, mais avec une période plus longue que les rdv hebdomadaires actuels. La nouvelle veut tenter une approche analytique, en mode face à face.  Si j’ai bien compris, ça veut dire qu’on est assis sur une chaise et pas allongé sur un divan, je ne suis pas certain de ce que ça change en pratique, il va falloir que je me renseigne sur le sujet. Vais commencer par lire Les Psychothérapies Analytiques : une Analyse Face à Face (trouvé via Google).

Elle est revenue avec envie d’essayer, ce qui est plutôt prometteur. RdV chez l’ancien jeudi matin. Prochain RdV chez la nouvelle mardi…

9 mai 2011 / Amertume Coing-Pomme

Trois semaines de descente en pente douce

Si c’était dans le cadre d’une rando à vélo, ce serait bien (quoique probablement un peu chiant). Là, il s’agit de son état, et c’est nettement moins bien et carrément dur.

On a eu une semaine de pas trop pire à l’époque du précédent billet. Ensuite, ça s’est dégradé, petit à petit. Elle a des problèmes de concentration, la volonté en berne, se lever est un effort immense, quant à rencontrer des gens c’est quasi insurmontable.

Il y a deux semaines, nous devions passer quelques jours à Paris ensemble. Les contraintes des billets de train et de mon boulot ont fait que je suis parti un jour avant elle. Le chat était confié à des amis, tout devait bien se passer. Le soir de ma première journée à Paris (la veille de son départ donc), coup de fil en larme. Ca n’allait pas. Pas du tout. Et comme un con, j’étais parti en emportant la boite de Tercian, dont je craignais, la sachant vacillante, qu’elle ne la siffle pour s’envoyer ad patres. C’est pourtant ce dont elle aurait eu besoin. Explications au boulot, annulation de l’hôtel, changement de mon billet de retour, je suis rentré aussi rapidement que possible, le lendemain par le premier train.

J’étais en congés la semaine dernière, nous n’avons pas trop bougé. Ça m’a permis de me reposer un peu et de relâcher la pression du boulot, d’essayer de m’occuper d’elle tant bien que mal. J’ai obtenu un rendez-vous conjoint chez son psychiatre. On a parlé d’elle, de moi et de lui. Je lui ai fait part de l’impression que j’ai d’affaiblissement de ses capacités intellectuelles (à elle, pas à lui), que je perçois comme un effet secondaire du  Séroplex. Il n’est pas convaincu. Mais il sent qu’il a atteint ses propres limites dans le suivi thérapeutique, et nous a donné les coordonnées d’une consœur. Elle a un rendez-vous chez cette dame demain après midi.

Reprise du boulot ce matin. Elle est couchée, tempère les crises d’angoisse à l’aprazolam. Le travail qui ne s’est pas fait pendant ma semaine de congés me retombe dessus. VDM.

31 mars 2011 / Amertume Coing-Pomme

sevrage, jour 10

C’était hier.

Elle est encore fragile, mais je pense qu’on tient le bon bout : elle a pu sortir pour aller à pied chez une amie prendre le café, les tâches répétitives de nettoyage de données pour sa thèse la gavent (alors que c’était tout ce qu’elle était capable de faire en fin de semaine dernière, je l’ai convaincue de n’en faire que par petite touche, une heure à la fois).

Elle est allé faire un tour chez l’esthéticienne, un autre signe positif dans mon esprit. Elle m’a raconté que l’esthéticienne lui a demandé ce qu’elle allait faire après sa thèse, et elle a répondu qu’elle voulait partir faire un grand voyage à vélo jusqu’à Istambul. Tout ça prend forme, mais il y a plein de bonnes choses qui se profilent.

Pourvu que ça dure.

29 mars 2011 / Amertume Coing-Pomme

sevrage, jours 6-8, jour 9

Samedi, dimanche, lundi dans la grisaille.  Elle a beaucoup dormi, nous avons pas mal parlé. Elle a acheté le magazine Carnets d’Aventures samedi, après que je l’ai un peu poussé. C’est un numéro qui nous avait poussé il y a quelques années à partir en vacances à vélo, deux semaines sur les routes, 600 km tranquilles, et ça nous avait plu. J’espérais que ça lui redonnerait envie de quelque chose.

Lundi on a discuté de voyages possibles, en imaginant un congé long pour partir quelques mois, loin. Ça reste un projet lointain, mais je pense que ça a accroché quelque chose au fond d’elle.

Ce matin, on touche quelque chose du doigt. Elle m’a dit en se réveillant quelque chose qui m’a fait très plaisir :

Ce matin, pour la première fois depuis très longtemps, j’ai envie de me lever.

 

25 mars 2011 / Amertume Coing-Pomme

sevrage, jour 5

Dur ce matin, elle est restée au lit. Petit moral mais moins de manifestations physiques externes qu’hier.

Elle s’est levée pour déjeuner, on a été prendre un café en face, ce qui nous a permis de voir des gens. Une amie est passée faire coucou en début d’après midi, elles ont pu discuter un peu. Cet après midi, elle s’est remise un peu au travail, sur des choses assez simples (nettoyage de données dans sa base), avec de la musique en toile de fond. C’est très encourageant.

24 mars 2011 / Amertume Coing-Pomme

Qu’est-ce que tu vas faire après ?

J’ai commencé à rédiger ce billet il y a longtemps (au moment de la TS). Il touche a des choses profondes et sur lesquelles j’ai eu besoin de réfléchir avant d’écrire, de revenir, de reformuler… Je le livre aujourd’hui, mais ça ne veut pas dire que j’en suis pleinement satisfait.

Une question qui revient souvent,  c’est « qu’est-ce que tu vas faire après ? »

Je n’ai jamais su si c’est une question qu’on (sa famille, des gens…) lui pose, ou qu’elle se pose. Elle m’est plutôt présentée comme une question venant de l’extérieur, mais connaissant sa famille, je suis tout à fait disposé à penser que cette question ait pu lui venir par là. Mais je pense que c’est une question qui l’a construite, au sens que c’est une question centrale chez elle.

Pendant qu’elle avait son activité d’artisanat, la question ne se posait plus. Il était clair qu’elle allait poursuivre cette activité. La situation a changé quand l’atelier a fermé : elle a repris sa thèse, mais par définition, le statut de thésard est limité dans le temps, et dans son domaine, la possibilité de faire carrière est extrêmement limitée (euphémisme). Et donc « que vas-tu faire plus après » est revenu.

Historiquement, sa réponse à cette question a été « après, je mourrai ». Réponse jamais formulée à un interlocuteur qui aurait posé la question, bien entendu. Je crois savoir que cette réponse s’est formée dans son esprit en classe de Terminale, une année qui a été très difficile pour elle, mais je pense que je reviendrai là dessus dans un prochain billet. Je pense que c’est vers ses 17-18 ans que les premiers assauts de dépressions se sont manifestés. Après un Bac E (sciences et techniques), elle est rentré à la fac dans une section plutôt littéraire, parce qu’elle voulait faire ça, et elle avait dans l’idée d’étudier ce sujet qui l’intéressait et puis de mourir.  DEUG (oui, c’était avant la réforme LMD) , Licence, Maîtrise, DEA, début de doctorat, avant d’être rattrapée par la dépression et de tomber une première fois, au début des années 2000.

Ça a été un choc pour moi lorsqu’elle m’en a parlé pour la première fois, de ce no future qu’elle avait en perspective. Je pense que je suis, avec son médecin, la seule personne à savoir ça. Bien entendu, il y a aussi les lecteurs de cette page, maintenant, mais peu d’entre vous nous connaissent. Sur le moment, je ne l’ai pas vraiment prise au sérieux. Mais en discutant, c’est vraiment une constante, qui revient, avec quelques variantes, pas forcément plus joyeuses (« quand je serai vieille, et que tu ne seras plus là, il faudra que j’aille vivre dans la forêt »).  Et donc quand la fameuse question est revenue à l’automne dernier, après l’avoir reprise en pleine figure, j’ai détourné la chose, essayé de donner des ouvertures. Promis que, quand la thèse serait terminée, nous achèterions une vieille maison pour la retaper, avec un peu de terrain pour pouvoir avoir un potager ou des animaux. C’est actuellement l’hypothèse retenue, le plan de sortie de crise. Quand elle descend, c’est là dessus que j’essaie de la rebrancher pour repartir. Et quand je suis fatigué, et que je m’accroche pour faire face et continuer de la soutenir, j’ai l’image de la scène finale (imposée par le studio) de Blade Runner qui me vient en tête, et je ne sais plus si c’est un rêve ou pas.

J’espère de toutes mes forces qu’on aura un happy end.

24 mars 2011 / Amertume Coing-Pomme

sevrage, jour 4

Ça cogne dur. La grande descente a commencé. Idées noires, désespoir, fatigue intense.  Je contrôle comme je peux aux anxiolytiques.

Actuellement elle est couchée, un peu assommée par les médocs, mais c’est un moindre mal.